Ainsi, des millions d'hommes et de femmes à travers
le monde, tout particulièrement dans l'industrie des vêtements
et chaussures de sport ou des jouets, connaissent de très
mauvaises conditions de travail. Pour attirer les investisseurs,
certains pays n'hésitent pas à brader leur main d'œuvre
en dessous du minimum vital.
A l’exception
de quelques usines faisant office de « vitrines de la
bonne conduite », les conditions d'hygiène
et de sécurité mettent trop souvent en danger
la santé et la vie des salariés.
Lorsque, avec
ses partenaires internationaux, le collectif De l'éthique
sur l'étiquette explore, par exemple, la réalité
cachée de l'industrie des articles de sport (1),
les interviews des ouvriers font apparaître une récurrence
de salaires affreusement bas, d’heures excessives de travail,
de brimades, de harcèlement sexuel, d’abus physiques
et verbaux, etc. Bref, des conditions de travail qui constituent
autant de violations des droits humains fondamentaux.
En Indonésie,
des travailleurs sont agressés, menacés et harcelés
pour leur participation aux activités syndicales ; en Bulgarie,
amendes ou licenciements sanctionnent les refus des travailleurs
de faire des heures supplémentaires ; en Chine, les sanctions
sous forme « d’amendes » sur le salaire
sont une pratique courante... Les ouvriers reçoivent souvent
un salaire calculé sur la base de quotas de production et
non sur le temps de travail réel. Partout, les témoignages
font état de journées de travail de 16 heures, voire
plus, six jours sur sept, particulièrement en périodes
de pointe.
Aux échelons
les plus bas de la chaîne d’approvisionnement, les travailleurs
font les frais de la concurrence agressive sur les prix
menée à tous les niveaux par les entreprises, marques
ou distributeurs. Les pressions sur les fournisseurs sont multiples.
Les usines doivent, par exemple, fournir des quantités
de plus en plus réduites dans des délais
de plus en plus courts, selon un rythme aujourd’hui
souvent mensuel voire hebdomadaire. Conséquence pour les
salariés : des horaires de travail inhumains
et des heures supplémentaires poussées à outrance.
(1)
Informations recueillies avec le concours d’organisations
locales lors de l’interview de 186 travailleurs, 9 directeurs
d’usines et 10 représentants de grandes marques, en
Bulgarie, Cambodge, Chine, Taïwan, Indonésie, Thaïlande
et Turquie (« Jouez le Jeu pour les J.O. »
mars 2004).
Une
main-d’œuvre « jetable » !
En Asie,
le secteur de la confection puise sa nombreuse main-d’œuvre
principalement au sein d’une population non qualifiée,
féminine et très jeune (communément de 16
à 30 ans). Une grande partie vit au sein même ou
dans les environs immédiats du terrain occupé par
l’entreprise, dans des dortoirs fournis par l’employeur.
Le prix de location du lit est généralement prélevé
directement sur le salaire. Il n’est pas rare que l’employeur
limite les sorties des travailleurs migrants hors du complexe
atelier-dortoirs à certains jours de la semaine ou certaines
parties de la journée, qu'il confisque la carte d’identité
ou d’autres documents personnels de l’employé,
qu'il retienne des cautions qui placent les travailleurs dans
une situation d’endettement chronique vis-à-vis de
leur employeur. Cet asservissement s'accompagne fréquemment
d'un harcèlement sexuel des travailleuses. Enfin, ces salariés
souvent migrants sont aisément remplaçables.
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Made in Human Rights?
Ever lower production costs and tighter timing often mean low-cost
labour… and violations of human rights at work.
Millions of men and women over the world, especially in the garment,
sportswear and toy industries face very poor working conditions.
In order to attract investments, some countries do not hesitate
to sell their labour for less than the minimum necessary for living.
Workers are paid on the basis of their output, not on an hourly
basis. Health and safety conditions, except in some ‘showcase
factories’ often put their life and health at risk.
When the coalition De l’éthique sur l’étiquette
and its international partners investigate the hidden side of the
sportswear industry (1), workers
interviews point out to the prevalence of awfully low wages, unpaid
overtime,sexual harassment, physical and oral abuses… In
short, working conditions that violate human rights.
Companies, brands and retailers’ aggressive competition on
price takes place at the expense of the workers at the very bottom
of the supply chain. Suppliers are under pressure: the traditional
system of large orders has been replaced by a system in which factories
have to deliver smaller quantities for monthly, sometimes weekly
orders. Allotted time is then shortened and this implies excessive
working times and overtime hours.
(1) Data collected
with the help of local organisations, through interviews of 186 workers,
9 factory managers and 10 representatives of renowned brands, in Bulgaria,
Cambodia, China, Taiwan, Indonesia, Thailand and Turkey (released
in March 2004)
“Disposable” labour!
In
Asia, the garment industry uses low-qualified, young (usually
from 16 up to 30 years old), female labour. Many of them live
inside the factory or in its close surroundings, in dormitories
provided by the employer. Bed rental fee is withdrawn from the
wages. It may occur that the employer restricts migrant workers
going out possibilities (to some days of the week or some parts
of the day), that he seizes workers’ identity papers or
other personal documents, that he withdraws ‘deposits’
from wages, putting workers in chronic debt situations, leading
to a situation close to bonded labour. Sexual harassment is commonplace.
For local factory owners, migrant workers are perceived as easy
to replace.
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