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Nouveau rapport "Made in Europe"

Le "made in Europe" n’est pas une garantie de salaire vital

Salaires en-deçà du minimum vital, conditions de travail difficiles : le nouveau rapport de la Clean Clothes Campaign publié le 8 novembre dénonce le traitement des travailleuses dans les usines de fabrication de vêtements et de chaussures des pays d’Europe centrale et orientale. Des usines qui fournissent des marques telles que Benetton, Esprit, GEOX, Triumph et Vero Moda.

Pour les multinationales de la mode, les pays d’Europe centrale et orientale constituent un paradis des bas salaires. Bien des marques affichent un « made in Europe » entendu comme garantie de la décence et l’équité des conditions de production. Or c’est loin d’être le cas. Nombre des 1,7 millions de salarié-e-s de l’industrie textile de la région vivent dans la pauvreté, connaissent des conditions de travail très difficiles, dont des heures supplémentaires forcées, et ne peuvent couvrir leur besoins fondamentaux sans s’endetter.

Expérimentés et qualifiés, ces travailleurs, des femmes en majorités, des « sweatshop » européens restent une main d’œuvre très bon marché. Dans leur majorité, les salaires mensuels ne dépassent pas le minimum légal (soit 82 € en Ukraine et 374€ en Slovaquie). Or dans ces pays, un salaire vital, couvrant les besoins fondamentaux des familles, devrait être quatre à cinq fois plus élevé. En Ukraine, cela nécessiterait de gagner environ 438€ par mois. En Ukraine, comme dans les autres pays de la région, le salaire minimum légal est inférieur aux seuils de pauvreté et au niveau de subsistance officiel du pays.

Au cours des entretiens avec 110 travailleur-euses de l’industrie textile en Hongrie, en Serbie et en Ukraine, il est apparu que les objectifs de production ne peuvent être atteints sans heures supplémentaires. Devenues obligatoires, celles-ci ne permettent aux salarié-e-s que de dépasser tout juste le salaire minimum légal. De plus, détaillant leurs conditions de travail, ces derniers ont évoqué l’exposition à des chaleurs extrêmes et à des produits chimiques toxiques, des ateliers insalubres, des heures supplémentaires obligatoires non rémunérées, une politique d’intimidation constante (passant par la menace de licenciement ou de délocalisation) de la part de la direction.

Il est certain que les multinationales du textile profitent largement de ce système de bas salaire et de précarité : les usines citées dans le rapport comptent parmi les fournisseurs de Benetton, Esprit, GEOX, Triumph et Vero Moda.

Ces entreprises doivent assumer leur obligation de vigilance en garantissant aux travailleurs qui contribuent à leur croissance économique un salaire vital, et mettre un terme aux violations des droits fondamentaux au travail décrites dans ce rapport.


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